Quels bénéfices potentiels ?

On estime aujourd’hui que 87 % des chefs d’entreprise sont convaincus des effets positifs du sport pour leurs salariés. Mais connaît-on véritablement la palette de ces effets, qu’ils soient directs ou indirects, attendus ou inattendus ? Et derrière les gains de productivité espérés, n’y a-t-il pas d’autres impacts, tout aussi bénéfiques, qui méritent d’être soulignés ?

 

Cela fait bientôt quarante ans que différentes études pointent les bénéfices du sport en entreprise et se concentrent sur un triptyque d’effets :

1- Une baisse du taux – et de la durée – de l’absentéisme (pouvant aller jusqu’à -40 % selon les études) ;

2- Une réduction du turn-over (estimée à -25 % d’après PwC) ;

3- Une augmentation de la productivité in fine. Le cabinet Goodwill Management affirme qu’une personne sédentaire qui se mettrait à pratiquer une activité physique et sportive en entreprise améliorerait sa productivité de 6 à 9 %.

Au-delà de la diversité des méthodologies (plus ou moins scientifiques) utilisées, on retiendra que les résultats vont tous dans le même sens : celui d’un impact positif du sport.

 

Il faut dire que, lorsqu’elles sont pratiquées sous certaines conditions, les activités physiques et sportives préservent le capital corporel des individus : elles diminuent le risque de maladies cardiovasculaires, augmentent la force musculaire et la souplesse, réduisent l’anxiété et améliorent la qualité du sommeil. On observe également une meilleure oxygénation du cerveau.

 

Comme le disait Nietzsche : « Les seules pensées valables viennent en marchant » ! Aujourd’hui, un collaborateur qui a une bonne condition physique a des chances d’être perçu, selon une croyance désormais répandue, comme un collaborateur plus performant.

Mais bien d’autres bénéfices potentiels sont perceptibles.

Un jeune salarié nous a récemment confié que les challenges sportifs ont été pour lui le meilleur facteur d’intégration possible. Le sport permet en effet de créer des communautés alternatives dans les organisations. Il crée des connexions, parfois de la cohésion et fluidifie, souvent, la communication. On passe de relations potentielles à des relations effectives voire affectives. Combien de fois ai-je entendu : « C’est plus facile quand tu fais du sport avec un collègue d’aller le voir et de lui dire : j’ai un problème est-ce que tu peux m’aider ? ».

 

Le sport en entreprise joue aussi sur l’image.

L’image que l’on donne de soi d’abord. En décidant d’aller à la salle de remise en forme, les salariés ne prennent pas uniquement soin de leur corps, ils renvoient aussi une meilleure image d’eux-mêmes.

Cela joue également sur l’image que l’on se fait des autres. Boltanski disait lui-même qu’« à travers l’activité sportive se met indirectement en place une valorisation du travail sous sa forme physique et psychologique ».

Cela joue enfin sur l’image de l’entreprise qui cultive et renforce ainsi sa marque employeur.

On a donc un double niveau d’intérêts puisque le sport agit à la fois sur la communication interne et externe.

 

Relevons enfin un dernier effet, plutôt inattendu cette fois : l’offre sportive en interne peut aussi toucher les collaborateurs non sportifs qui restent, il faut quand même le rappeler, majoritaires (on les estime entre 75 et 85 % en moyenne). En règle générale, ils sont satisfaits, voire fiers, de ce qui leur est proposé, même s’ils n’en profitent pas directement (ou régulièrement). Ici, c’est la potentialité qui fait son petit effet en encourageant certains à s’engager à la hauteur de la qualité de l’environnement de travail dans lequel ils évoluent.

 

On le voit, il a différentes échelles d’intérêts : individuelle, organisationnelle et collective. On aurait d’ailleurs pu insister sur la réduction des dépenses de santé de différents acteurs publics comme l’Assurance maladie, le sport en entreprise étant parfois présenté comme une alternative médicamenteuse.

 

Au final, on retiendra que, sans être une panacée, le sport est susceptible d’alimenter le cercle vertueux de l’engagement au travail !

 

Sources :

  • Étude « Sport en entreprise » (2017), par Union Sport & Cycle, MEDEF, CNOSF, Ministère des sports.

  • « Building the case for wellness » (2008), par PwC.

  • « Étude de l’impact économique de l’Activité Physique et Sportive (APS) sur l’entreprise, le salarié et la société civile » (2015), par Goodwill Management pour le MEDEF et le CNOSF.

  • Cederström Carl, Spicer André (2016), Le syndrome du bien-être, édition L’Échappée.Boltanski Luc (1971), Les usages sociaux du corps, Annales, 26-1.

  • Pierre Julien (2015), Le sport en entreprise, enjeux de sociétés, éditions Economica, Paris.

 

Mais alors, comment faire ?